Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 220 – Les Tartuffes de la « bienveillances » : quand la surenchère morale étouffe la vérité

Ah, qu’il est bon de se draper dans la cape de la « bienveillance » ! Quel plaisir inégalé d’égrener des mots doux, d’afficher une empathie débordante et d’embrasser toutes les causes souffrantes depuis son clavier, tout en distribuant les bons et les mauvais points moraux au reste de l’humanité.

Image-6090 Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 220 – Les Tartuffes de la "bienveillances" : quand la surenchère morale étouffe la vérité

D’un côté, nous avons des groupes d’experts en câlinothérapie. Face aux drames du quotidien et à la détresse du terrain, la réponse est désormais toute prête : des numéros verts, des ateliers d’écoute et des manuels pour « gérer son anxiété ». C’est l’art d’envelopper l’impuissance de prétendus bienveillants dans un emballage tiède d’attention paternaliste.

Mais en face, la concurrence pour le prix du Saint-Valentin du mensonge le plus honteux fait rage. Pour contrer cette empathie de guichet, les nouveaux défenseurs du peuple ont sorti l’artillerie lourde : la bienveillance vengeresse. On dégaine des larmes sur commande, on poétise la détresse des uns pour mieux accabler l’insensibilité des autres, et l’on transforme le moindre débat technique en un procès entre les Bons (nous) et les Méchants (eux).

Le problème de cette surenchère de « bienveillance » ? Elle est un piège. Sous couvert de prendre soin des faibles, elle ne cherche qu’à verrouiller le débat. Remettez en cause un chiffre, nuancez un constat ou interrogez la faisabilité d’une mesure, et vous voilà immédiatement étiqueté comme un être froid, cynique et sans cœur. L’injonction à la compassion devient une baïonnette morale pour faire taire toute contradiction.

Pendant que les technocrates distribuent des mots d’esprit apaisants et que leurs opposants rivalisent d’effusion lyrique, la réalité du terrain, elle, reste immobile.

À ce jeu de la fausse gentillesse et de l’outrance vertueuse, les grands perdants sont toujours les mêmes : ceux qui croient encore à la vérité, à la rigueur des faits et à une justice qui ne s’évalue pas au nombre de mouchoirs agitées sur la scène publique.

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